Il n’y a pas de liberté sans combat ni souvenir de l’histoire. #Lorient #10Mai1945

2015-05-10AfficheLorient01Soixante-dix ans de la libération de la poche. J’en reviens, de cette commémoration à Lorient, cette ville qui ne vit partir l’occupant nazi que deux jours après la victoire officielle. Les alliés ont tant bombardé cette ville qui abritait la plus grande base sous-marine hors d’Allemagne qu’elle fut détruite à 95%. Nous sommes donc ce jour, soixante-dix ans après la libération du 10 Mai 1945, entre ces bâtiments immenses faits de béton et de hargne fasciste. Je sens les bottes de ceux qui firent notre histoire ; de ceux qui arrachèrent hommes, femmes et enfants du fil ténu de la vie, de l’horreur, de cette Europe malade ne se faisant que par la guerre. Sous ce soleil de plomb, je distingue l’acier se détachant des blockhaus sous l’impact des obus ; toute cette chair en mouvement qui s’use pour rejoindre les gravas de la Libération, le triomphe sans appel des résistants et de la force de ces canons qui chassèrent d’Europe la barbarie toute puissante.

Je n’oublie pas qui nous étions pour ces gens-là, les nazis, dans ce pays qui, aujourd’hui encore et bien malheureusement, ne rayonne pas par le bien vivre et la solidarité entre les peuples européens qu’espéraient ceux qui virent la guerre s’éteindre sur un champ de ruines. Je n’oublie pas qui nous étions pour ces salauds qui, dans leurs camps de l’horreur et de la mort, nous flanquait ce triangle rouge sur la poitrine. Ce triangle rouge qui dit « danger », ce triangle rouge des opposants politiques à la bête immonde, ces gens qu’ils bâillonnaient pour leurs idées et qu’ils assassinaient parce qu’ils portaient haut les Lumières. Nous sommes encore certains à le porter fièrement et sobrement, comme un rappel à l’histoire, à notre devoir de ne pas oublier ceux qui ont vécu et furent des parias pour l’obscurantisme. Le triangle rouge c’était la résistance dans les couloirs de la mort des nazis. Le triangle rouge c’était l’ouvrier qui levait le poing pour la journée de huit heures et les congés payés. Le triangle rouge c’est encore celui qui pointe du doigt ce système qui donne plus à ceux qui ont beaucoup et moins à ceux qui n’ont rien. Le triangle rouge c’est celui que combat l’extrême-droite parce qu’il revendique un monde meilleur et sans caste écrasant nos visages jusqu’aux plus hauts sommets de l’État.

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Nous n’oublions pas et, comme le scande certains de mes camarades et amis, nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas quel monde nous voulons et comment il est tant mis à mal en ce début de XXIème siècle. Le soleil s’est imposé ce jour et souhaitons, comme nos mots, qu’il brillera toujours ; que malgré les coups qu’il nous porte et la couleur qu’il fait éclater sur notre peau, souhaitons – sinon nous sommes perdus – qu’il ne nous aveuglera pas face aux mensonges dont on nous berce.

Il n’y a pas de liberté sans combat ni souvenir de l’histoire.

TriangleRouge02C’est le sens de ce triangle rouge à notre poitrine et de ce bleuet qui fait honneur à ceux qui portent l’uniforme et rendent service à la Nation. Il n’y a pas de liberté sans combat ni souvenir de l’histoire. Nous ne pouvons qu’être d’accord avec ces mots du ministre de la Défense, ce 10 mai 2015 à Lorient. Nous sommes d’accord avec ses mots qui prônent la volonté de chasser la guerre à jamais du continent ; mais comment se résoudre à applaudir la suite lorsqu’il justifie la dernière loi liberticide dite « de renseignement » en s’habillant des valeurs humanistes de la Libération de 1945 ? Je ne m’y suis pas résolu. C’est une honte ; une honte d’entendre Monsieur Jean-Yves Le Drian justifier l’injustifiable, profiter de cette journée de commémoration pour la paix en expliquant la nécessité de ratifier en France ce que le « Patriot-Act » n’avait pas osé aux États-Unis d’Amérique.

Le terrorisme a gagné.

Pour le combattre, le gouvernement écrase la liberté, s’attaque à la démocratie. Le terrorisme a gagné par la plume de ceux qui gouvernent et de ceux qui ont voté pour cette loi honteuse, indigne de la République française.

20150510_145944Cette commémoration du 10 mai s’entachait de cet affront de ceux qui se disent Charlie. Ils sont pour le droit au blasphème mais… Ils sont pour la Laïcité et la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » mais… Mais ils se retrouvent ce 10 mai ; entre la chorale de l’hymne européen et les tambours de la Marseillaise, à prôner la restriction des libertés, dans la bouche du ministre de la Défense. Ils vous assomment de cette honte et en rajoutent sur le devoir de servir la Paix durement acquise en 1945. Cette paix qu’ils mettent en doute la seconde d’après en se targuant de la formidable épreuve que représente à leurs yeux le conflit ukrainien. Jean-Yves Le Drian célèbre la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, en 1945, en se vantant du travail étroit qu’il mène avec son homologue ukrainien, en 2015. L’Ukraine et son gouvernement formidable qui déboulonne les statues des libérateurs soviétiques, ceux-là même qui payèrent le plus lourd tribut dans cette guerre de libération de l’Europe du nazisme. L’Ukraine qui interdit les symboles russes et communistes en glorifiant les collabos de nazi de son pays. L’Ukraine qui accueille sur son sol des parachutistes états-uniens près à former des hommes à la guerre contre la Russie. L’Ukraine, enfin, que vante notre ministre de la Défense, alors qu’elle compte dans son gouvernement – à l’heure actuelle – des nazis de la pire espèce ; ceux-là qui arborent en 2015 cette bannière de la deuxième division SS Das Reich célèbre pour son massacre d’Oradour-Sur-Glane dans notre pays il y a 70 ans.

IMG-20150508-00382J’ai chanté la Marseillaise ce 10 mai, le Chant des Partisans également le 8 mai dans le rang des élus à Lanester, dans cette ville où j’ai posé cet assemblage de fleurs officiel en hommage à des alliés abattus dans les bois par les nazis. J’ai fait, jeune homme que je suis, ce travail de mémoire qui me semble indispensable. J’ai parcouru les stèles et monuments aux morts le 8 mai, jusqu’à cet anniversaire commémoratif entre les bâtiments immenses en béton armé construits pour les nazis. J’ai forgé ma réflexion en me posant des questions sur l’ordre établit, sur l’avenir qui ne s’annonce pas lumineux et la passé dont nos villes même gardent les cicatrices ; des cicatrices qui sont encore des défis lancés à l’urbanisme d’aujourd’hui tout autant qu’à notre mémoire collective.

Ils fustigent les nazis d’hier et donne leur blanc-seing à ceux d’aujourd’hui, qui agissent en Ukraine sous le parapluie de l’OTAN. Ils glorifient les résistants et les combattants de la liberté, morts pour la France, et donnent ce mois-ci raison aux terroristes, en écrasant nos droits fondamentaux sous le marteau de leur bien-pensance maladive, fournissant débilement des armes aux fascistes d’aujourd’hui.

La France mérite mieux que des trahisons s’ajoutant aux renoncements. L’Europe mérite mieux que l’UE qui nous pourrit la vie en servant la finance, en tuant nos espoirs de paix.

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