13 novembre 2015 : aux portes de la nuit en France « Les mots ne sont plus là, ils ont fui. »

20151114France
Blog-SymboleBBR01« Les mots ne sont plus là, ils ont fui. »

C’est la première phrase qui me vint après le grand fracas d’hier. C’était en fin d’après-midi, au Canada, aux portes de la nuit en France. Je vivais comme chaque jour, comme nous tous. Et puis très vite l’écran s’est allumé, je me suis figé. J’étais seul. Un commentaire de deuil s’affiche, puis un autre et toute une série de messages s’étale sur le réseau sans que je n’ose en imaginer la raison. Le pire, sans aucun doute. Les doigts s’agitent sur le clavier, le mot France est rentré dans le moteur de recherche. Flash infos. Édition spéciale. Des images, des chiffres. Oui, le pire est arrivé, la barbarie. Et ça continue. Des gens meurent dans Paris en ce moment même.

Je voulais écrire ce soir-là. Je voulais écrire pour m’ouvrir à l’imaginaire en une paisible fin de semaine. Je voulais que le monde continu à tourner en me laissant seul avec ma verve d’histoire de jeune fille en peine et de garçon larmoyant. Des personnages m’attendaient sur le papier, sur le clavier. Ils sont restés dans l’obscurité. Les mots n’étaient plus là, ils ont fui. Alors comme nous tous j’étais tétanisé, impuissant. Les larmes s’évaporaient en laissant les phrases arides. Je me suis laissé aller aux rêves, en pointillés.

En allant au Canada, en Acadie, j’avais pris la France avec moi. Jamais elle ne me quitte. Chaque français doit le savoir plus encore lorsque ça va mal. Le drapeau était plié depuis des mois. J’avais des doutes sur son devenir, un poids inutile dans la valise, un encombrant. Finalement c’est pour ce jour qu’il était là. Pour montrer qu’ici il y a des Français. Pour montrer qu’ailleurs la France est atteinte et que par conséquent nous le sommes tous. C’était évident. Ce midi en regardant le bilan, les messages, les images. Les mots furent instantanés pour notre hôtes : « Y-a-t-il une place pour notre drapeau devant cette maison ? » Oui, bien sûr. Alors le froid n’était rien et le vent nous rendait vivant.

Apparemment les barbares ont crié que Dieu est grand. Ils l’ont fait dans la langue de l’Islam avant de tuer des innocents. Dans cette maison, qui porte maintenant notre drapeau, se trouvent d’autres étrangers, comme nous. Je crois que l’un d’eux prie Allah plusieurs fois par jour. Cela ne nous pose aucun problème, comme cela ne devrait poser aucun problème à l’ensemble des français. Ce n’est pas une religion, ou un drapeau, qui a tué des gens hier.

Ça recommencera. Le mal est trop inévitable. Il n’y a pas de solution miracle. Inutile de se voiler la face. La prochaine fois ça sera à Londres ou Rome, peut être ailleurs. Nous ne savons pas quand, ni comment. La plus grande erreur dans tout ça serait d’oublier ce qui est important, ce que doit être la France, ce que chaque Français devrait incarner : une Nation unie, indivisible, universaliste, progressistes, laïque, dont le drapeau rappelle que le pouvoir doit être au Peuple et non aux tyrans, et dont la devise est un idéal devant s’inscrire dans le réel. Liberté. Égalité. Fraternité.Blog-SymboleEtoile01

 


Une réflexion sur “13 novembre 2015 : aux portes de la nuit en France « Les mots ne sont plus là, ils ont fui. »

  1. Et oui la France et plus à déjà écrit tes mots et continue de pleurer dans la peine et la tourmente, la rage et la colère et l’incompréhension au regard de ceux qui ont omis de lire ces lignes du Coran :
    (Coran, VI, 151.):  » Ne tuez pas la personne humaine, car Allah l’a déclarée sacrée. »
    C’est donc l’ignorance,la misère et la haine qui guident leurs pas vers l’effroyable.
    Ce sont elles qu’il faut combattre.
    Bon courage l’Ami.
    Joël et Jeanette

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