Pour ses 7 ans, le PG fusionne avec le PS au second tour : qui s’en fiche ?

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Blog-SymboleBBR01J’ai vécu les élections régionales françaises à distance, en exil temporaire au Canada. J’ai voté par procuration à l’occasion de cette absence qui semblait être une bonne occasion de prendre du recul par rapport à mes engagements en France. J’avançais dans mon précédent discours mes quatre ans d’engagement au Parti de Gauche (PG) et les difficultés qui y sont liées. Depuis, le PG a fêté les sept ans de son lancement, l’occasion de faire d’autres bilans.

Il y a sept ans je râlais seul dans ma cuisine contre la division de la gauche. J’aime m’en rappeler et constater que c’est cette solitude dans l’indignation qui a amené d’autres personnes comme moi à franchir le pas de l’engagement dans mon parti politique. En vérité il y a sept ans je n’avais pas le droit de vote et j’étais dans ma cuisine en train d’écouter le radio distraitement. C’est à ce moment que j’ai appris qu’un certain Jean-Luc Mélenchon avait décidé de quitter le Parti Socialiste pour fonder un autre parti à gauche. Quel ne fut pas ma consternation : comme s’il n’y avait pas suffisamment de parti à gauche, comme si l’arrivé du FN au second tour en 2002 n’avait rien appris à ces hommes politiques qui ne trouvaient rien de mieux à faire que de se diviser en plein de petits partis. Telles étaient, en quelques mots, mes réflexions du moment alors que je me contentais de quelques manifestations lycéennes et d’élections de délégués de classe, entre d’autres loisirs plus futiles. Je n’avais jamais entendu parler avant cela de Jean-Luc Mélenchon et je pensais alors que cette personne jouait à détruire les chances de victoire des idées progressistes, révolutionnaires. Trois ans plus tard je me retrouvais dans son service d’ordre.

C’est amusant de constater à quel point les perceptions peuvent changer avec le temps. C’est d’autant plus frappant lorsqu’on s’oblige à un travail de mémoire sur le tout et sur soi. En très peu de temps dans ma vie j’ai explosé mon niveau de politisation, jusqu’à me retrouver périodiquement aujourd’hui non pas à dire ce que nous devrions faire ou ne pas faire, mais à expliquer pourquoi nous le faisons.

En quatre ans d’engagement partidaire, j’ai eu le temps de constater l’état de décomposition de ce qu’avait quitté celui que je blâmai en 2008 pour fonder un nouveau mouvement. Je parle ici du PS, acronyme du mensonger « Parti Socialiste ». Il n’a rien de « socialiste », mais peu de gens s’en préoccupe en dehors des militants. Cela se vérifie malheureusement dans les urnes car, malgré l’abstention qui n’est pas si extravagante que cela pour ces élections régionales, le PS continue à produire des scores respectables après tous les mensonges, renoncements et trahisons dont il deviendrait l’archétype. D’un autre côté, ceux que l’on classe ordinairement à gauche de ce parti obtiennent des scores bien mauvais.

Je me bats dans le camp de la Gauche radicale, c’est-à-dire dans le camp de ceux qui portent des idées socialement et écologiquement progressistes (gauche) et qui souhaitent les mettre en œuvre en changeant de système politique et économique (radical). C’est pourquoi nous ne sommes pas dans le même camp que le PS, ni dans le même que les ex-UMP (LR), ni dans le même non plus que le FN. Pour autant, j’ai tendance à penser qu’il serait trop simpliste et inefficace de considérer exclusivement que ces trois-là (PS, ex-UMP et FN) se partageraient un même camp qui ferait face au notre. Ça semble tellement facile de déduire que, puisque PS et ex-UMP font les mêmes choses et que les digues sont rompus entre ex-UMP et FN alors PS=ex-UMP=FN. J’y pense souvent, encore plus depuis la mise en œuvre de l’état d’urgence. En observant le paysage politique français, rythmé par les ravages au sommet du PS, il semble pourtant évident que les ex-UMP feraient pire s’ils prenaient le pouvoir aujourd’hui et que le FN ferait lui-même pire encore que les ex-UMP (même si certaines positions laissent à en douter). L’échiquier politique français se décale idéologiquement vers la droite. Ce processus est actionné principalement par le PS, que beaucoup de militants de Gauche radicale ont de raisons de détester.

Dans ma région, en Bretagne, le Front De Gauche n’a pas franchi la barre des 5% (Fatidique car indispensable aux remboursements des frais de campagne). Trois listes sont présentes au second tour de dimanche prochain (PS, ex-UMP et FN), le Front De Gauche Morbihan ne donne pas de consigne de vote et ne se voile pas la face sur le reste. Ailleurs en France des « fusions techniques » s’opèrent pour le second tour avec les listes du PS. Ce mode permet à plusieurs listes du premier tour d’être présentées sous une même bannière pour le second, en incluant les candidats de celles-ci proportionnellement au score de chacun. Ainsi en Île-de-France les listes PS, Europe Ecologie-Les Verts et Front De Gauche fusionnent en mêlant leurs différents candidats pour le second tour.

En ce qui me concerne je ne suis pas fan des fusions techniques avec le PS, j’y étais même farouchement opposé, et j’ai cherché à comprendre pourquoi d’autres n’y voyaient pas de problèmes notables et inversement. L’avantage de la fusion c’est qu’elle nous permet d’avoir des élus et donc de l’argent pour fonctionner et des camarades disponibles pour exprimer plus efficacement nos idées. L’argument essentiel de l’anti-fusion, dans le fond, c’est que ça nous décrédibiliserait auprès des électeurs qui ne voteraient plus/pas pour nous par la suite. J’ai eu un doute sur cet argument car si ça semble aller de soi pour les militants, est-ce le cas des non-militants, des citoyens « de base », de la majorité des gens en fait? J’ai demandé simplement à une sympathisante de mon entourage mais faiblement politisée, en quelque sorte de « classe populaire » et qui se contente à peu près de voter, ce qu’elle pensait du fait que le PG fusionnerait avec le PS au second tour. Le verdict est radical : elle s’en fiche et ça ne l’empêchera pas de voter pour notre camp aux prochaines élections. J’ai tendance à penser que c’est le cas de la majorité des gens et qu’en fait il n’y a que des militants ou des gens politisés de gauche radicale qui se préoccupent vraiment de cette histoire de fusion. Peut-être que je me trompe, mais après avoir pris le temps de vraiment y réfléchir, alors que je pensais exactement l’inverse avant, je crains qu’on se ment/trompe dans l’énergie consacrée à combattre quelque chose qui n’intéresse à peu près que nous.Blog-SymboleEtoile01

 


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