De Nuit Debout à la France insoumise : Construire notre avenir en commun avec Jean-Luc Mélenchon

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Souvenez-vous, en mars dernier… Il y a eu cette vidéo avec toutes ces personnes dont on pouvait parfois reconnaitre les visages. Ils nous alertaient. La loi El Khomri faisait déjà descendre pas mal de gens dans les rues, les syndicats en tête, mais cette vidéo a allumé une flamme de plus. L’hiver avait été amer et puis il y avait eu ce coup de massue des élections régionales, ce grand cirque. De quoi bien vous dégoûter des politiques au pouvoir, de ceux-là même qui arrivaient à nous faire honte après les attentats. J’avais vécu cela depuis le Canada pour finalement arriver dans une France qui démantelait son Code du Travail. Ça ne pouvait pas être ma France. Non. Pas celle qui me faisait rêver en cours d’histoire au collège et au lycée. Ce n’était pas ma France comme je la rêvais en 2012. Ce n’était même pas celle que je redoutais. Bref. Il y a eu cette vidéo, c’est parti de là.

« On vaut mieux que ça ». Là, on était d’accord.

Ça portait notre enthousiasme. On avait envie de bouger, de se battre, de gagner, d’exploser cette « Loi Travail ». Alors on a manifesté, doucement. On a fait de la vidéo aussi. On a balancé des évènements sur Facebook, tranquillement depuis notre canapé, entre copains. On a marché avec plein de jeunes, au hasard dans les rues, sur les routes, pour crier notre ras le bol et notre solidarité avec ceux qui travaillent et ceux qui aimeraient pouvoir le faire. Mais marcher ne suffisaient plus car, de toute façon, ils ne nous écoutaient pas. Alors fin mars, début avril, on s’est dit que cette fois on ne rentrerait pas chez nous.

On défilerait classiquement avec les syndicats, ok, mais à la fin on resterait sur place, on tiendrait la Nuit Debout.

Le 31 mars on était là le soir, sans trop savoir, à occuper la place. Il y a ceux qui sont arrivés avec leurs drapeaux et sont repartis et il y a ceux qui les ont rangés. On sentait qu’on allait vivre quelque chose de différent alors on ne pouvait pas faire comme avant. Avec des copains j’avais compris ça. J’avais ma carte de parti politique dans ma poche, prêt à dégainer s’il le fallait. Mais il ne le fallait pas, il ne le fallait plus. Alors j’ai gardé ma carte en poche, bien au fond, en me disant que je pourrais bien la ressortir au besoin. Le besoin n’est pas venu. On a commencé avec nos petites mains à construire quelque chose, à se rassembler en cercle, par dizaines, par centaines. Il y a eu le premier soir où je passais le micro pour que chacun s’exprime, pour que chacun explique simplement pourquoi il était là. Ça a été très rapide, nous étions globalement tous là pour une chose : lutter contre la Loi Travail, d’abord, lutter contre la Loi Travail et son monde, surtout. La nuit s’avançait et nous ne savions pas comment en finir, alors nous avons continué en se donnant rendez-vous le lendemain et d’autres jours encore. Nous étions le 40 mars, dans notre idée de compter et de décider quand nous changerions de mois. Nous avons finalement arrêté d’utiliser ce calendrier loufoque, nous avons tenu la place plus de jours que nous n’aurions pu l’espérer.

Avec le recul on reprend tous facilement l’idée que Nuit Debout ce n’était pas grand-chose, mais qu’à ce moment « pas grand-chose » dans un grand rien du tout c’était déjà beaucoup.

On a tissé des liens inespérés entre plein de gens et on a vécu des moments forts dans cette lutte contre la Loi Travail (et son monde). Je me souviens des rendez-vous « top secret », à quatre heures du matin, quand on baladait la police en voiture dans toute la ville pour finalement rejoindre au dernier moment un blocage de dépôt pétrolier. On allait « cueillir des cerises » très tôt le matin, à jouer au chat et à la souris, pour maintenir la pression avec des syndicalistes et faire plier le gouvernement. Ça n’a pas marché. Ils ont envoyé les gendarmes et les policiers. Ils ont prolongé l’«état d’urgence ». Ils ont fait un premier 49.3. Ils ont usé des grenades et des matraques, nos souffles et nos yeux. Ils ont abusé encore du 49.3.

Les voilà maintenant à se réjouir qu’on « s’essouffle » quand eux se battent pour la quatrième place dans les sondages.

J’ai arrêté Nuit Debout, nous avons arrêté. L’été est passé par là. On n’occupe plus les places, mais on n’a pas disparu pour autant. On se connaît maintenant, on se parle, on s’informe mutuellement, on se suit, on s’écoute. Avant nous n’étions que quelques doigts engourdis, aujourd’hui nous pouvons être le poing dans la gueule du système. Nuit Debout était une séquence par laquelle nous devions passer, je le crois. En Espagne il aura fallu que les indignés marquent leur temps avant que ne s’envisage quelque chose comme Podemos. Partout les gens se lèvent à un moment pour dire à ceux d’en haut de dégager.

Pourtant, vouloir qu’ils dégagent ne suffit pas, il faut s’en donner les moyens.

Certains y vont de leurs formules magiques pour éviter que 2017 soit un enfer. Il faudrait « rassembler la gauche ». Mais pour le grand nombre, la gauche c’est Hollande, la gauche c’est Valls, la gauche c’est Macron, la gauche c’est ceux qui nous la mettent bien profond depuis bientôt cinq ans. Avant, j’argumentais pendant des heures en vain contre les gens qui scandaient que « gauche, droite, c’est pareil ». Maintenant ils ont raison. Alors il y a l’astuce de parler de la « gauche alternative », de la « gauche radicale », de la « vrai gauche », de la « gauche sociale ». Tout cela dans une litanie mortifère qui se résume dans la bouche des vrais gens par un « Ah bah oui, l’extrême-gauche quoi » et blablabla et blablabla. J’ai eu, comme bien d’autres, ma dose de tout ce blablabla depuis mon engagement politique en 2011 dans le Parti de Gauche et les campagnes du feu-Front de gauche. La conclusion de ces batailles sémantiques est simple : mettre en avant le clivage droite/gauche n’est plus pertinent. Je ne me sens plus capable de déclarer fièrement « je suis de gauche ».

Les mots nous ont été volés, notre plus grande erreur serait de nous contenter de faire comme si de rien n’était.

Il est nécessaire maintenant que j’explique pourquoi ce qui m’animait en Nuit Debout hier m’anime aujourd’hui dans la France insoumise avec Jean-Luc Mélenchon. A vrai dire en février, lorsque ce dernier annonçait sa candidature pour la présidentielle de 2017, j’ai tout de suite rejoint la démarche en m’inscrivant sur le site www.jlm2017.fr, comme pas loin de 150 000 personnes aujourd’hui. A partir de mars, comme je le décris plus haut, nous avons été nombreux à nous engager pleinement contre la Loi Travail et son monde. Il est aujourd’hui intéressant de constater que quelqu’un qui porte un programme proposant l’abrogation de la Loi El Khomri soit actuellement troisième, dans tous les cas de figure, et en hausse constante dans les sondages (IFOP sur 16 000 personnes). Bien sûr les sondages ne prédisent pas l’avenir, mais ils contribuent à la campagne.

On a galéré comme pas possible pour faire tomber la Loi Travail et voilà qu’un homme qui souhaite la supprimer avance méticuleusement vers la porte du pouvoir. C’est une réelle chance, nous devons la saisir.

Bien sûr, supprimer cette loi ne suffit pas. Il nous faut de nouveaux droits, il faut changer le système qui nous pousse dans la misère. Il faut faire en sorte que ma génération – j’ai 25 ans – et les suivantes vivent mieux que celle de mes parents ou de mes grands-parents. Je ne souhaite pas un avenir qui soit moins pire, je le souhaite meilleur. On parlait en Nuit Debout d’écrire une nouvelle constitution, on s’accordait sur la nécessité de répartir les richesses en permettant à chacun de vivre dignement. L’Avenir en commun, le programme de la France insoumise, propose de convoquer une assemblée constituante pour passer à une sixième République. Cette sixième République permettrait entre autre, d’éviter qu’un salopard soit élu pendant cinq ans sans qu’on ne puisse rien y faire. Le programme propose d’inscrire dans cette constitution la règle verte : ne pas prélever plus à la nature que ce qu’elle est capable de reconstituer. Il propose de passer le smic à 1300 euros net et d’imposer un salaire maximum pour arrêter la logique absurde qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres. Les choses sont claires, posées. Le programme en question a été produit par l’enrichissement de milliers de contributions, des auditions avec des professionnels et le tirage au sort de centaines de personnes pour la convention de Lille.

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C’est pour cela que je passais mon temps sur les places ou dans les rues, à Paris ou à Lorient. Nous l’avons, notre meilleure chance de réussir. Certains diront qu’elle est faible, qu’ils n’aiment pas Mélenchon, qu’il serait « parti seul » – alors que nous sommes maintenant des dizaines de milliers avec lui – ou que « de toute façon au second tour ça sera la droite et l’extrême-droite » et que notre programme « ne pourra pas être appliqué ». Peut-être, je leur laisse le bénéfice du doute. Ce en quoi je crois, de mon côté, c’est que l’arrivée du pire n’est pas une fatalité et que choisir le moins pire c’est renoncer au meilleur. « Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal, oublient très vite qu’ils ont choisi le mal. » Je fais miens ces mots d’Hannah Arendt et je choisis le bien, sans pour autant être manichéen. Je suis jeune et je souhaite vivre dans un monde meilleur que celui de mes parents. J’aimerai avoir des enfants et pouvoir leur dire qu’ils auront toutes les chances de vivre mieux que moi. C’est ce qui me guide dans mes engagements. C’est ce qui m’a guidé en « prenant ma carte dans un parti » il y a cinq ans, c’est ce qui m’a guidé en me présentant à des élections, c’est ce qui m’a guidé à Nuit Debout, c’est ce qui me guide aujourd’hui dans la France insoumise avec Jean-Luc Mélenchon et son programme : L’Avenir en commun.

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Une réflexion sur “De Nuit Debout à la France insoumise : Construire notre avenir en commun avec Jean-Luc Mélenchon

  1. Rien à ajouter j’ai deux fois ton âge et je me bat pour mes enfants et leurs enfants à venir, pour un avenir et des jours meilleurs…………. Je suis heureux et fier d’être avec toi pour ce combat. JLM2017!!!

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